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ESPACE FALAISE ET GALETS




                                            

Le littoral Haut-normand se caractérise par ses falaises de craie ainsi que par ses plages de galets.

Les falaises, composées de craie mais aussi de silex ( les lits noirs que l'on remarque sur la falaise) vont donner en s'éboulant les galets. Après l'éboulement, les blocs de craie sont rapidement érodés. Par contre, les morceaux de silex, très résistants, vont s'éroder très lentement par roulement et vont peu à peu s'arrondir pour devenir galets.

La formation des falaises

Il y a cent millions d’années, la Haute-Normandie était recouverte par l’océan. La baisse du niveau de la mer ajoutée à la montée du plancher océanique a découvert les falaises de craie qui se sont retrouvées au-dessus du niveau de la mer. Cette craie provient de l’accumulation des squelettes calcaires de certains organismes vivants.

Les éboulements ont des causes diverses mais ont peut en retenir trois principales:

- L'érosion continentale : l'eau de pluie pénètre dans la craie et agrandit les fissures par une action de dissolution, le massif crayeux devient de moins en moins stable. De plus lorsqu'il gèle, l'eau contenue dans la falaise se transforme en glace et fait éclater la roche.

- L'érosion marine : le ressac des vagues, la projection des galets contre la falaise déstabilisent le pied et peuvent engendrer des éboulements.

- L'érosion biologique n'intervient pas directement sur la falaise mais sur le platier rocheux, en avant de la falaise. Là, des organismes marins comme les vers attaquent la roche en y creusant des galeries. Les pholades, des bivalves, s'enfoncent aussi dans la craie et fragilisent le platier. Le platier diminue, ce qui permet à l'action marine d'avoir une forte puissance sur le pied de falaise.

 

Différentes falaises dans la région                         

 

§       La falaise « classique » que l’on rencontre en Haute-Normandie est visible notamment à Pourville, Puys, et à Dieppe. Il s’agit d’une falaise droite, dont le recul en raison des mouvements tectoniques a créé des fractures, où l’eau s’est infiltrée, ce qui a donné des valleuses.                                                                               

§       A Sainte Marguerite, on trouve un autre type de falaise : On a une falaise de craie (de la période géologique appelée le sénonien) surmontée d’une autre couche géologique (provenant elle de la période du tertiaire) constituée de dépôts d’argile. Cette falaise n’est pas verticale en raison des glissements occasionnés par l’argile. Ainsi le relief glisse vers la mer.

§       A Berneval, on retrouve également différentes couches, mais cette fois de craie. Sous la craie du Sénonien se trouve une craie plus dure provenant de la période du turonien. La craie du turonien étant plus dure, celle du sénonien subit une érosion plus forte, ce qui donne un plan incliné de la falaise. Cela laisse des espaces inaccessibles pour un grand nombre de prédateurs, ce qui permet à des espèces rares de vivre dans ces zones.

La formation des galets                                       

Forte érosion et climat chaud 

L’hypothèse de travail la plus communément admise expliquant la structure en banc des silex est celle d’un enrichissement périodique de la mer en silice lors de la période de forte érosion du continent, et de climats chauds.

Son apport par voie fluviale expliquerait aussi que certaines zones soient plus riches en silex que d’autres, celles-ci se trouvant certainement près de l’embouchure de grands fleuves.

Dans la région Haute-Normandie, la quantité de silex diminue du Tréport au cap d’Antifer (près du Havre).

La présence du silex dans la falaise n’est toujours pas clairement expliquée par les géologues. Mais, après chaque éboulement, des blocs de silex se trouvent libérés de la craie au pied de la falaise.

Les blocs de craie de l’éboulement sont rapidement détruits par la mer ( de quelques semaines à quelques mois) mais les silex, eux, résistent beaucoup plus longtemps.

            La métamorphose

 Petit à petit, les blocs de silex issus de l’éboulement s’érodent, et s’entrechoquent sous l’énergie des vagues et des marées. Toutes les parties saillantes, fragiles, sont érodées. En roulant les uns contre les autres, ils finissent par prendre une forme arrondie. 

            Le galet                                                              

Au bout de plusieurs années, le galet rond est complètement formé, il n’a plus aucune trace de son ancienne gangue de craie, il est criblé de milliers de minuscules impacts, résultat de l’entrechoquement des galets dans le cordon, ces chocs qui l’ont sculpté.           

En Seine-Maritime, le ramassage des galets est interdit depuis 1985. Il est toujours actif en Baie de Somme. Selon leurs caractéristiques (teneur en silice, aspect, couleur,...), les galets sont exploités dans la fabrication d’une grande gamme de produits, ainsi que dans l’industrie.

Trois utilisations principales peuvent êtres retenues :

q       Le galet concassé : Les galets sont broyés jusqu’à l’obtention d’un sable, d’une poudre, qui servira à faire du béton ou encore du papier de verre.

q       Le galet broyeur : Après une sélection des galets les plus ronds, ils sont utilisés dans les usines pour broyer d’autres matériaux. Placés dans un cylindre qu’on va faire tourner après y avoir ajouté le matériau à broyer, les galets vont s’entrechoquer et ainsi broyer le matériau qui les accompagne dans ce cylindre. Cela permet d’obtenir des poudres fines selon le matériau broyé. 

  q    Le galet cuit : Après une cuisson des galets les plus purs en silice (que l’on trouve principalement en Baie de Somme) à 1600°C, on obtient ce qu’on appelle la cristobalite. Broyée en différents types de poudres, la cristobalite est utilisée pour sa teneur en silice qui en fait un matériau très résistant, dans la peinture (des bandes blanches sur les routes par exemple), dans la faïencerie, la céramique, et également dans les dentifrices pour blanchir les dents.

                                       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Philippe Rubert

Peintre de cœur 

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